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¤ Rencontre
au cœur du désert
Longeant le désert du Néguev la route
de la Ara va, nous conduit à un carrefour situé à environ 100 km au Nord
d'Eilat. Là, un simple panneau indique la direction d'lr Ovot, où nous
désirons nous rendre.
Le mot ara va signifie en hébreu
"solitude", "pays aride". De tait, dans cette grande
dépression séparant la Mer Morte de la Mer Rouge, la Ara va étend son univers
de sable, de cailloux et de grands rochers a' perte de vue.
Il s’y trouve-là une synagogue qui
étonne le visiteur. Sur le voile fermant le lieu où sont rangés les rouleaux
de la Thora, la Messianité de Yeshoua (Jésus> est clairement affirmée,
inscrite bien en évidence en lettres d'or.
Un très vieil autobus rappelle le
temps où ces Juifs croyant en Jésus le Messie, sont venus de Floride pour
s'installer dans cette partie du désert, ils vivaient dans des tentes et dans
ce vieux car. C'est dans cette partie du désert, inhospitalière, que nous
avons une nouvelle fois rencontré et interviewé le rabbin Simha Perlmutter.
"Simha, tu as découvert notre grand
secret... " lui dirent les rabbins
Un entretien avec le Rabbin S. Perlmutter
I N'est-il
pas difficile de rendre témoignage au Messie
Yeshoua au milieu du peuple juif et des rabbins
?
Quelle est en cela votre propre expérience ?
"Si mon seul but était de rendre
témoignage ici par la parole, je n’aurais pas beaucoup de difficulté. Mais
parler ne suffit pas la vie parle plus que les paroles. Un homme ne peut pas se
contenter de parler ; il faut qu'il vive ce qu'il dit. C'est la vie qui peut
influencer. "
I Des
rabbins et des érudits viennent vers vous de jour, et parfois de nuit, pour
entendre votre témoignage et écouter le résultat de vos études sur le
Messie. Comment cela se déroule-t-il généralement?
"Il est difficile de
généraliser... beaucoup de rabbins de ce pays croient que le temps est venu de
proclamer que Jésus est le Messie, et ils viennent ici de temps en temps, pour
étudier avec moi, seuls ou à plusieurs, en secret, parfois de nuit, ou en
plein jour, ouvertement...
Certains demandent à aller dans un
endroit où il y a de l'eau, afin que je puisse les bénir au nom de Jésus, le
Messie.
Il en est qui viennent du Mea Sheharim,
accompagnés de disciples, afin de former un "minian" (c'est-à-dire
le nombre minimum d'hommes requis par la tradition juive pour pouvoir faire une
prière publique). Ils restent ici pendant une ou deux semaines, pour s’entretenir
avec moi du Messie jésus.
Certains me connaissent très bien.
L'un d'entre eux, qui habite la région, vient ici lors de chacune des
"journées du souvenir". Nous nous rendons sur la tombe de mon fils,
sur laquelle il est écrit que le Messie viendra et le ressuscitera. C'est un
rabbin du groupe extrémiste "Habad". Il avait dit à mon fils aîné,
avant que celui-ci ne soit tué dans un attentat : "ton père et ta mère
ont quelque chose de particulier. Quand tu reviendras du service militaire, tu
seras comme eux, car on ne peut pas ne pas être influencé par des gens comme
eux". Il sait que mon fils partageait notre foi en Jésus...
Il est devenu notre ami, pas seulement
parce qu'il vient de temps en temps étudier avec moi pendant des heures, mais
parce qu'il sait que je parle avec vérité, du fond du cœur, là-bas, près de
la tombe de mon fils, quand je parle de Jésus le Messie...
Des centaines, des milliers, même, de personnes de la région, et au-delà,
sont venues dans ce cimetière me poser la question : "Comment peux-tu
tenir ferme dans la foi après un drame pareil ? "
C'est alors moi qui peux les fortifier,
leur témoigner de mon espérance.
J'ai également des contacts très
approfondis, très intimes avec des rabbins de l'armée.
Il en est d'autres, bien sûr, qui me
haïssent, qui ne veulent pas m'adresser la parole, ni même me regarder...
C'était ainsi au temps de Jésus :
certains rabbins le haïssaient, d'autres l'aimaient.
Ceux qui me haïssent le font, parce
que j'affirme que le temps est venu de proclamer le nom de Jésus.
Beaucoup de rabbins ont peur de parler,
de se prononcer sur Jésus. Ils veulent rester "neutres", mais
lorsqu'ils parlent avec moi, je sens bien qu'ils ne sont pas "neutres"
du tout. Je peux même affirmer que le nombre de rabbins qui croient en Jésus
le Messie, est loin d'être petit ; et ils sont particulièrement nombreux parmi
les plus radicaux des orthodoxes, ceux des groupes "Haredim" ! "
I
"Personne ne peut le savoir. Je ne
suis pas de ceux qui ont pour seul but d'ajouter quelques "âmes" à
leur "palmarès" chaque fois qu'ils ouvrent la bouche.
Il m'est difficile d'affirmer après un
entretien, "tel a cru" et "tel n'a pas cru"... je ne peux
pas compter, et ça n'est pas mon problème.
Mon but est que tous ceux qui viennent
ici entendent mon message de réconfort, de consolation, d'amour... c'est ce que
je veux partager avec eux, car c'est dur d'habiter en Israël, vous savez !
Certains d'entre eux me disent :
"Simha, nous avons du mal à comprendre : tu vis depuis plus de 30 ans dans
ce désert, où tu es passé par toutes sortes de tribulations inimaginables...
Comment fais-tu pour "tenir le coup" ?"
Ceux qui se posent de telles questions
recherchent en fait un moyen pour devenir forts eux-mêmes. Ils veulent
connaître mon "secret".
Un groupe de la Société d'Étude de
la Nature en Israël vient, par exemple, une à trois fois par an ici, avec un
guide.
Officiellement, c'est pour étudier
l'histoire du lieu ; mais ils parlent parfois pendant des heures avec moi, et je
me suis rendu compte qu'ils veulent connaître le secret de mon espérance et de
ma force.
Nous parlons alors ensemble ; puis
j'ouvre nos livres sacrés et leur montre tout ce qui concerne le Messie. Ils
posent des questions...
La dernière fois, une dizaine d'entre
eux sont restés après leur stage, dans le but d'approfondir ce qui avait été
étudié.
Combien ont cru... ? Je ne puis le dire. Le "Saint - béni soit-Il"*
le sait ; ma tâche est de partager ce que le Seigneur a mis sur mon cœur, de
prendre du temps avec eux.
*(NDLR : c'est la formule utilisée par
les rabbins et tous les Juifs pieux pour parler de Dieu, par respect pour son
nom, qui selon eux, ne doit pas être prononcé afin de ne pas risquer
d'enfreindre le commandement "Tu ne prononceras pas le nom de l'Éternel,
ton Dieu, en vain. " Exode ch. 20, v. 7)
J'ai beaucoup de travail à faire, mais
je veux leur consacrer ce temps-là, parce que c'est le but de ma vie inciter
les Juifs à revenir dans notre pays, vivre la Torah, et découvrir par elle
celui qui se trouve caché dans chacune de ses pages : Jésus le Messie. "
I N'y
a-t-il pas parfois des rabbins qui viennent dans le seul but de vous contredire
? Comment cela se passe-t-il alors ?
"Certains viennent effectivement
pour contester. Mais je n’aime pas beaucoup "discutailler". Quand j’étais
jeune, cela ne me déplaisait pas, au contraire
Mais j 'ai appris, avec les années,
qu'il est meilleur, pour les autres et pour moi-même, pour mon propre cœur, de
ne pas combattre.
Quand des personnes viennent donc me
voir avec de mauvaises intentions, je préfère les inviter à partager notre
repas.
Un rabbin âgé, influent, membre du
tribunal rabbinique de Beersheva, qui avait été un des trois juges de la Cour
Suprême rabbinique de Jérusalem, "les Dayanim", est un jour entré
ici. Il était très virulent. Il n'arrêtait pas de parler... Nous avons pris
le repas ensemble et discuté. A la fin, il a regardé une inscription
"Jésus le Messie", et a dit "Oui, après tout, pourquoi pas...
". "
I Comment
toutes les personnes qui viennent id, a' Irovot, ont-elles généralement eu
connaissance de votre existence et de votre foi en Jésus le messie ?
"Souvent par la presse. Beaucoup
d'articles ont été écrits à mon sujet.
Le Département Israélien des
Antiquités, par exemple, a publié une interview de moi, dans son magazine, qui
est diffusé dans le monde entier, en anglais.
Ils m'ont même demandé de rédiger un
court article sur "Jésus le Messie"
C'est étonnant, parce que ce
"Département" est une institution d'État, qui dépend du ministère
de la culture et de l'éducation, actuellement tenu par les Juifs religieux
Les étudiants des écoles rabbiniques
sont encore plus nombreux que les rabbins eux-mêmes, à venir ici.
Or, ils savent pertinemment où ils
mettent les pieds, parce que les rabbins leur parlent de moi, dans les
"yeshivots" (Écoles rabbiniques), en bien ou en mal... et ils
viennent se rendre compte par eux-mêmes. "
I Pourriez-vous
donner les grandes lignes de votre témoignage ?
"Lorsque je jette un regard en
arrière, sur ces 30 années de vie dans le désert, je sais que c'est le
Seigneur qui nous a conduit ici.
Lui seul pouvait le faire. Il fallait
être fou, à vues humaines, pour venir vivre ici sous des tentes, avec des
enfants... un homme "normal" ne l'aurait pas fait ; mais c'est ce que
nous avons fait.
Et je peux dire, en réfléchissant à
tout ce que nous avons vécu, que le "Saint - béni soit-Il" - a été
avec nous à chaque pas. Quand nous avons eu soif il nous a donné à boire ;
quand nous avons eu faim, il nous a donné à manger... La première chose qu'il
nous a fallu en arrivant, c'était de l'eau. Il n'y en avait pas... Nous avons
prié, nous avons creusé, et nous en avons trouvé, ici, en plein désert!
Le Seigneur a employé toutes sortes de
moyens pour subvenir à nos besoins, parfois littéralement miraculeux. C'est
lui qui nous a nourris, qui nous a donné de quoi boire, qui nous a
protégés...
Quand je revis toute notre histoire, je
revois tout cela, et je sais que le Seigneur agira de même à l'avenir."
I C'est
en 1966 que vous vous êtes installés dans le désert du Néguev~~
Pourquoi êtes-vous venus au désert?
"Oui, nous sommes arrivés des États-Unis
en 1966. Comme vous le voyez, nous sommes des Juifs orthodoxes, des
"Haredims" ; nous l'étions déjà, là-bas aux États-Unis. Mais
quand j'ai reçu notre Messie, Jésus, comme mon Sauveur, dans mon cœur, j 'ai
immédiatement compris que les U.S.A. n'étaient pas mon pays.
Bien que je sois né là-bas, que j'y
ai grandi, étudié, vécu, je m'y suis tout de suite senti étranger; non pas
que je haïssais ce pays, mais j 'ai su que je devais venir ici, en Israël.
Pourquoi ? Parce qu'aimer le
"Saint - béni soit-Il" -, c'est garder ses commandements. C'est la
preuve de notre amour pour lui - cela, c'est aussi écrit dans le Nouveau
Testament, même Si beaucoup ne veulent pas le voir, et disent -"nous avons
la foi, cela suffit", comme le proclament certains "Juifs
messianiques".
Or, un Juif qui affirme avec vérité
avoir connu en Jésus le Messie, et l'avoir reçu Comme son Sauveur,
personnellement, et qui dit que cela a totalement transformé sa vie, doit vivre
la Torah d'une manière plus profonde qu'avant.
Et la Torah nous enseigne l'Alya, le
retour au pays, afin d'y vivre les commandements ; il est écrit ". tu
garderas ces commandements dans ton pays... "
Voilà pourquoi j ai quitté les États-Unis
pour venir dans mon pays. "
I
Mais
pourquoi avez-vous choisi de venir vous installer dans le désert du Néguev,
précisément ?
"Parce qu'il faut que
je sois comme une voix qui crie dans le désert... Je savais, en quittant Miami,
en Floride, où nous habitions, que je devrais m'installer dans le désert du
Néguev. J'envisageais de venir dans un kibboutz ou un moshav, sans avoir
d'idée plus précise.
Mais à notre arrivée en Israël, personne n'a accepté de nous recevoir, parce
que l'Agence Juive avait répandu toutes sortes de calomnies à notre sujet,
disant que nous étions des chrétiens, des gens dangereux etc... Les gens ont
eu peur de nous recevoir ; ils ont craint que l'Agence Juive cesse de les aider
s'ils le faisaient.
Nous avons donc quitté l'outpan de Nathanya (école d'hébreu) où nous
apprenions l'hébreu, et avons décidé de nous rendre dans la Ara va Nous avons
pris, en bus, la route de la Ara va, comme on l'appelait à l'époque, et qui
n'était alors qu'une piste, avec le projet de descendre n'importe ou...
Nous sommes donc descendus à un arrêt de l'autobus, en plein désert, pour
nous installer là. "
I
Comment
était l'environnement à cette époque : la végétation, les équipements etc.
?
"Il n'y avait rien ; ni eau, ni
électricité, ni rien. Rien du tout. Si l'on ne faisait nous-me mes aucun
bruit, le silence était absolument total : pas un son, pas un souffle... Aucun
oiseau pour chanter, rien. Nous étions complètement désorientés.
Nous ne savions pas s'il y avait de l'eau, mais nous avons creusé un puits dans
le sable et la rocaille, uniquement par la foi. Et il y a eu de l'eau, soudain.
Au début, nous avons vécu dans des tentes, avant de construire petit à petit
des maisons, à partir des pierres du désert.
Puis nous avons reçu l'aide de l'armée, par l'intermédiaire de I. Gavish,
chef d'état-major du front sud. C'est en fait lui qui nous a donné l'endroit
où nous sommes actuellement, et qui était une ancienne base militaire.
Avant cela, nous vivions un peu plus au sud. I. Gavish nous a proposé
d'échanger notre lieu de campement, encore plus sec et plus désertique, contre
cette "base". Il ne s'y dressait que quelques baraquements, mais par
contre, un pipe-line, un générateur et des puits utilisés par l'armée s'y
trouvaient, et nous avons été chargés de leur entretien, ce qui nous a
procuré un emploi, et de quoi survivre. "
I
Vous avez rencontré des oppositions, de la part des I autorités du pays...?
"Sans arrêt. Comme
nous nous sommes installés dans un lieu "au hasard", on nous a fait
des procès pour tout pour l'utilisation de l'eau, pour l'électricité, pour la
construction des maisons, pour la mise en culture des terres (etc...), et même
pour le nom que nous avons donné à l'endroit ! Tout a été l'objet de
procès...
Des dizaines de procès, pendant 30 ans, mais que nous avons tous gagnés. Cela
a été jusqu'à la Cour Suprême !
Aujourd'hui, 30 ans après, certains commencent à reconnaître que j'ai de la
suite dans les idées, que j'aime Israël, et que je peux être en bénédiction
au peuple d'Israël.
Certains de ceux qui nous ont connus au début, et qui étaient jeunes à
l'époque, sont aujourd'hui membres du gouvernement.
Quelques-uns sont devenus des amis très chers, comme le Ministre Ariel Sharon.
Il est venu nous voir lorsque mon fils a été tué. Il a pleuré avec nous,
nous a fortifiés.
Tous ne nous aiment pas, mais beaucoup de gens - de plus en plus nombreux - nous
respectent, sachant que nous vivons dans des conditions exceptionnelles... et
depuis la tragédie qui nous a frappés, le téléphone sonne souvent, des gens
viennent ici de tous le pays, pour entendre notre témoignage. "
I Étiez-vous
nombreux a' l'époque de votre installation en ces lieux ?
Combien êtes-vous aujourd'hui ?
"Nous sommes venus des États-Unis
à 11, et nous sommes 10 aujourd'hui, après avoir été une centaine, 25
familles, en 1982...
Des gens, qui avaient entendu parler de notre expérience, nous avaient rejoints
au fil des ans, mais les tracasseries, les procès, les attaques des autorités
ont eu raison de beaucoup. Ils n'ont pas résisté... je pense que notre groupe
va à nouveau grandir, maintenant que tout cela est terminé
Nous avons des terres importantes ici.
Je peux dire sincèrement que j'ai échoué, à vues humaines. Il suffit de
regarder alentour : Si on compte les bâtiments, le nombre d'arbres, la taille
de notre citerne, le nombre de nos paires de chaussures... c'est vrai. C'est un
échec.
Beaucoup le disent: "Ah! Regardez comme il a complètement échoué !
". Et je le dis moi aussi : "Oui, j 'ai échoué ! ".
Mais je vois aussi autre chose : de tout échec sort quelque chose de bon :
quand le prophète Jérémie était en prison, c'était un échec ; quand il
était au fond de la citerne, c'était un échec ; et pourtant... Et même la
croix était un échec, sur le plan humain. Mais qui aurait pensé que de cette
mort surgirait la résurrection des morts?
Alors oui, Si on regarde à certaines réalités, nous avons échoué. Mais Si
l'on me demande : "Où retentit cette voix qui sort du désert ?". Je
réponds : "dans le monde entier", car je reçois tous les jours des
lettres d'Europe, d'Amérique, de Nouvelle-Zélande, de partout.
Et je resterai ici tant que le Seigneur me donnera vie et santé. Je continuerai
à parler et à écrire, à défendre la Torah.
Je ne dirai jamais ce que telle ou telle organisation me dira de dire. Je suis
libre.
Je ne suis pas un homme facile, qui a un discours agréable, mais je ne me parle
pas non plus à moi-même de cette façon-là ! Ce que je recherche, c'est la
vérité. "
I De
quoi vivez-vous dans cette contrée extrêmement aride ?Pratiquez-vous
l'agriculture pour subvenir à vos besoins ?
"Oui. Nous cultivons des tomates,
des pastèques, des citrons, des aubergines (etc...) du mois d'août au mois de
mai, après quoi les travaux cessent, car il fait trop chaud et trop sec dans la
Ara va en été pour cultiver.
Nos produits sont vendus à l'extérieur, et même exportés à l'étranger.
J'ai 62 ans, mais je me lève tous les jours à 3 heures du matin pour étudier
la Torah. Puis je fais 5 kilomètres de course à pied dans les environs, avant
de commencer le travail manuel à 6 h 30. Ce sont souvent des travaux agricoles
très durs. "
I
Comment avez-vous découvert vous-même que
Yeshoua est le Messie ?
"J'ai cherché à découvrir qui
est le Messie au travers du judaïsme ; car ça n'est pas une réalité
étrangère au judaïsme que le Messie doit venir, ni même qu'il est déjà
venu, Si l'on recherche bien, surtout dans les prières, mais aussi dans les
textes...
C'est dans ces sources que j 'ai découvert que le Sauveur, le "serviteur
souffrant", n'était autre que Yeshoua, Jésus.
Je n'ai pas fait ce cheminement à partir du Nouveau Testament, bien que je
croie à son historicité. J'ai découvert que Jésus est le Messie au travers
de ce que des rabbins ont écrit. C'est cela qui m'a convaincu, personnellement.
Lorsque je parle à des Juifs du Messie, je ne peux pas, non plus tirer mon
argumentation du Nouveau Testament, parce qu'ils y voient un produit étranger,
qui appartient aux chrétiens, et qu'ils rejettent.
Mais depuis 2000 ans, il y a toujours eu dés rabbins qui ont cru en Jésus le
Messie, mais en secret... Et je dis, moi, que le temps est venu de dire ce
secret-là !
Je peux affirmer que j'ai recherché le Messie jusqu'à ce que je parvienne à
une conclusion certaine, à laquelle je ne pouvais pas échapper : que Jésus
correspond parfaitement à ce qui nous est dit dans les Textes du Messie !
Ce fut un moment bouleversant de mon existence ; Je lui ai donné ma vie ; je
l'ai laissé entrer dans mon cœur et tout transformer.
Je suis un homme très pragmatique, et je ne suis pas près de douter de cela,
car je sais ce qui est sorti de moi, et ce qui est entré en moi ; je ne suis
pas prêt à discuter pour savoir Si ce qui est arrivé est arrive... c'est
arrivé ! Et toute ma vie, depuis lors, a pour but de témoigner de ce que le
Seigneur a fait pour moi ! "
I Voudriez-vous
nous raconter brièvement les circonstances de ce cheminement spirituel qui vous
a amené a reconnaître en Jésus le Messie?
"Très jeune, après avoir passé
le "Bac ", j 'ai commencé à poser des questions sur le Messie aux
Maîtres, aux rabbins qui nous enseignaient, là-bas, aux États-Unis... Dès
qu'ils se rendent compte qu'un jeune étudiant des écoles rabbiniques
s'intéresse à la question du Messie, et est vraiment prêt à l'approfondir,
à chercher pour découvrir la vérité sur le Messie-les rabbins la lui
révèlent
Quand donc je suis parvenu à la
certitude que Jésus est le Messie, je suis allé voir certains collègues
rabbins, que je connaissais très bien, et particulièrement l'un d'entre eux,
qui m'a introduit dans sa bibliothèque et m'a dit : "Simha, sais-tu que tu
viens de découvrir notre grand secret ? –Bien, lui ai-je répondu, et que
dois-je faire maintenant ? Il t'est interdit d'en parler aussi longtemps que tu
seras aux États-Unis, m'a-t-il dit, mais quand tu iras t'établir dans notre
pays, en Israël, alors tu pourras parler de ce secret que tu as découvert. Car
alors tu ne souilleras par le nom de notre Messie, comme tu le ferais ici, dans
la diaspora. Là-bas, sur la terre sainte, tu honoreras au contraire son nom, tu
le glorifieras!"
C'est ce que j'ai fait. C'est pourquoi je suis venu en Israël. Et le débat -
Si on peut appeler cela un débat - le problème, le combat qui existe entre moi
et les rabbins n'est pas dû au fait que je crois que Jésus est le Messie, mais
au fait que je révèle publiquement son nom.
"Qu'est-ce qui te permet de dire que le temps est venu de proclamer
ouvertement son Nom ? " me demandent-ils.
Car certains se demandent Si le Seigneur ne nous chassera pas à nouveau du
pays... Il est même des religieux qui disent que le temps n'est pas venu de
créer ici un état, parce que le Messie n'est pas venu.
Mais moi, je dis que le temps est venu ; que le Seigneur nous a ramenés dans
notre pays définitivement, et que non seulement nous pouvons - mais nous devons
- proclamer ouvertement le Nom de Jésus le Messie.
Si jamais je me trompais, j'en supporterais les conséquences."
Il y a longtemps, dans les années 1967-19681
deux de mes amis pasteurs (les Pasteurs Le Cossec et Yvon Charles) étaient
venus dans votre campement, et parmi les réflexions faites, l'une d'entre elles
avait beaucoup marqué le Pasteur Yvon Charles : vous, les Occidentaux, vous
avez occidentalisé le Messie ?
Pensez-vous la même chose aujourd'hui ?
"Oui, les Occidentaux ont
occidentalisé le Messie, c'est indiscutable ; et c'est encore plus vrai aujourd’hui
qu'il y a trente ans... "
I Vous
avez connu bien des difficultés, traversé beaucoup d'épreuves… Vous nous
disiez qu'il n'était pas facile de vivre en Israël ; pourriez-vous l'expliquer
un peu ?
"Comme je l'ai dit, mon fils a
été tué en avril 1984 lors d'un attentat suicide, à Madera : un homme est
entré, avec une bombe dissimulée sur lui, dans l'autobus qui emmenait mon fils
et quelques camarades participer à une "cérémonie du souvenir" dans
le cimetière où des compagnons d'armes morts au combat étaient enterrés...
C'est la plus grande épreuve de ma vie, mon plus grand problème, parce que le
dimanche matin, j'avais confié mon fils aîné au Seigneur. Il était rentré
à la maison afin de passer le shabbat avec nous, et je l'avais remis entre les
mains du Seigneur... et cela est arrivé le mercredi matin.
J'ai souvent demandé au Seigneur : "Pourquoi ? ". C'était une
terrible épreuve pour ma foi. Cela ne l'a pas détruite, parce que la foi n'est
pas quelque chose que l'on abandonne comme ça, tout à coup, dans l'épreuve ;
mais cela a soulevé beaucoup de questions, de doutes dans mon esprit...
Je ne suis pas le premier à avoir vécu un drame comme celui-là. C'est,
hélas, le prix qu'il nous faut payer pour vivre dans notre pays, dans notre État,
pour notre foi. Je savais, avant de venir m'installer ici, qu'il fallait être
prêt à payer le prix pour posséder ce pays qui nous a été promis. Je ne
pleure par sur le prix qu'il m'a fallu payer ; je pleure parce que mon fils est
parti avant moi, et que ça n'est pas l'ordre normal des choses...
Mais je sais qu'un jour - peut-être
demain, peut-être dans un an... - le "saint - béni soit-Il" -
répondra à mes questions, demeurées sans réponse à ce jour. Et je sais
qu'il ressuscitera mon fils.
Cela signifie que, dans cette épreuve,
ma foi s'est fortifiée... 111e fallait ; sinon je me serais retrouvé dans un
hôpital psychiatrique.
C'était le seul chemin possible pour vaincre ce problème immense. Dans une
telle situation, ou la foi se fortifie, ou elle chancelle. Un :out autre
événement m'a aussi soutenu dans nos difficultés : il existe out autour de
notre maison, sur nos terres, un immense champ de fouilles archéologiques.
Ce sont les ruines de l'antique ville de Tamar, construite par Salomon voici
3000 ans environ, puis prise par les Édomites, et rebâtie par les Juifs à
l'époque du roi Osias. Il y a là une accumulation de débris qui s'élève sur
une hauteur de plus de 100 mètres!
J'avais toujours été convaincu qu'il existait en ces lieux, sous nos pieds,
des traces d'une histoire judaïque très profonde.
C'était comme Si une voix intérieure
me l'avait dit...
Je me suis souvenu de cette parole de Jésus, adressée lors de son arrivée à
Jérusalem à ceux qui voulaient faire taire les disciples qui proclamaient qu’il
était le Messie... "S'ils se taisent, les pierres crieront."
Et je crois que le "Saint - béni
soit-Il" - fait en sorte de conserver pour cela des annales, dans la
perspective historique qui est la sienne, des souvenirs inscrits dans le sol,
sur les pierres dans le sable.
J'ai parlé de mon sentiment au directeur adjoint du Département des
Antiquités d'Israël, Rudolf Cohen.
Il m'a conseillé de faire venir ici des groupes d'universitaires étrangers qui
accepteraient de financer des fouilles et de les mener, car jamais le
Département d'État ne voudrait en entreprendre sur la simple présomption d'un
individu...
Cela a pris 10 ans. Puis un petit groupe, d'une petite université est venu. Ils
ont découvert des symboles du Royaume de Juda, puis des murailles, partout
alentour.
Alors sont venus les archéologues du Département des Antiquités, qui ont
fouillé, pratiquement tous les jours, pendant des années, avec des équipes de
70 à 150 personnes... et cela continue encore aujourd'hui!
C'était extraordinaire ! Les
archéologues s'intéressaient à l'histoire inscrite dans ces pierres, mais je
voyais aussi, au-delà, le plan du Seigneur pour l'avenir, l'accomplissement des
prophéties, celles d’Isaïe et d'Ézéchiel, par exemple, sur les villes
anciennes qui seront redécouvertes à la fin des temps, avant la venue du
Messie, et qui seront rebâties !
Je voyais cela se faire sous mes
yeux...
Quand je me lève le matin et que je vois ces immenses fouilles ou quand les
projecteurs s'allument soudain le soir pour illuminer les étendues de murailles
antiques, et qu'elles paraissent reprendre vie, 3000 ans après, je me dis:
"C'est
ce qu'avait promis le Seigneur. Il a commencé à l'accomplir sous nos yeux,
aujourd'hui. Celui qui peut rendre ces ruines à la vie, rendra aussi la vie à
mon fils de 20 ans. Il le fera aussi sortir du tombeau."
Document "EXPÉRIENCE",
daté du 4° trimestre 1996, N° 104.
Centre Missionnaire 29270 CARHAIX.
Propos recueillis par le Pasteur J-m Thobois.
Avec
l'aimable autorisation du Pasteur Yvon Charles, Rédacteur en chef de la revue,
avril 2000.
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