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¤ Tous mes remerciements au Pasteur DESPAGNE pour sa gentille autorisation,
Que
Dieu le bénisse.
Témoignage d’un marin rentrant joyeux au
port après un terrible naufrage.
Par le Pasteur Pierre DESPAGNE
" Ceux qui étaient descendus sur la mer dans
des navires, et qui travaillaient sur les grandes eaux. virent les œuvres
de l'Éternel et ses merveilles au milieu de l'abîme. Il dit, et il fit
souffler la tempête, qui souleva les flots de la mer... dans leur
détresse, ils crièrent à l’Éternel, et il les délivra de leurs
angoisses ; il arrêta la tempête, ramena le calme, et les ondes se turent.
Ils se réjouirent de ce qu'elles s'étaient apaisées, et l'Éternel les
conduisit au port désiré. "
(Psaume 107, 23 à 30)
Alerte en Mer
AU POSTE DE COMBAT~... Et le klaxon répandit dans tout le navire une
sonnerie bruyante, capable de réveiller les marins les plus épuisés. Quatre
heures du matin... Notre bâtiment, ancré en coupe du quai central du port,
est brusquement sur le pied de guerre. Déjà, durant la nuit, la veille
attentive avait été effectuée par les hommes de quart et maintenant nous
scrutions l'horizon presque invisible par cette nuit épaisse de novembre.
Quelque chose de formidable commençait à se déclencher; un poste de
D.C.A. situé sur une hauteur de falaise dominant le port, entra soudainement
en action contre un avion, que nous n'avions ni vu, ni entendu. D'autres
mitrailleuses se joignirent à cet abasourdissant concert; les sirènes de la
ville se mirent à mugir, en même temps qu'une explosion suivie d'une lueur
extraordinaire nous dévoilait qu'un pétrolier venait d'être touché en
pleine mer par des canons à longue portée. Ce qui nous importait le plus
désormais, c'était la manœuvre du navire s'apprêtant à franchir les
passes du port, tandis que la canonnade s'intensifiait en fureur et en
distance.
Qui nous attaquait? Grand mystère ! Tous, nous l'ignorions. Après avoir
fait la manœuvre d'appareillage à la passerelle, je reçus l'ordre de gagner
mon poste de combat qui se trouvait au P.C. d'artillerie. C'est à ce moment
qu'un choc terrible secoua le navire; notre première idée fut qu'une bombe
venait de toucher en plein cœur le bateau. Mais non, point du tout ! C'était
une fausse manœuvre de la barre, causée par la précipitation des ordres, et
aussi par la nuit épaisse: nous venions d'aborder la jetée qui fermait le
port, face à la mer. La proue du bateau était déchiquetée et l'eau
pénétrait dans les soutes situées à cet endroit.
Cependant, cet incident ne nous empêcha pas de reprendre la sortie du
port; mais la vitesse du navire (environ six nœuds au lieu de vingt-neuf)
était de beaucoup ralentie par les plaques de tôle dérivées qui causaient
un grand remous à l'avant. Comment faire face à l'adversaire dans une
position Si critique? Nous verrons plus loin comment cette fâcheuse
circonstance devait sauver la vie à plusieurs d'entre nous.
Ce n'est qu'au lever du jour que l'ennemi se révéla dans toute sa
puissance. Des escadres de bâtiments de guerre et des convois de cargos à
perte de vue couvraient la mer.
Au fur et à mesure que la nuit faisait place au jour, le silence se
rétablissait, mais pour peu de temps.
A L'ATTAQUE
Car c'est alors que, du poste central où je me trouvais, nous reçûmes
les éléments nécessaires pour commencer le feu ; notre cœur allait battre
à grands coups dans nos poitrines. Quel instant émouvant: Feu ! La première
bordée nous plongea dans l'obscurité complète. Le poste central se trouvant
juste en dessous d'une tourelle de canon, le vacarme fut épouvantable.
Je ne sais quel visage je pouvais avoir, mais lorsqu'une lumière de
fortune éclaira la salle quelques instants après, le visage de mes camarades
était semblable à celui d'une bête traquée. Ce fut d'abord à la flamme
d'un briquet, puis d'allumettes, que la cadence rapide du tir put s'ensuivre,
malgré les difficultés de réglage. Les pièces d'artillerie n'étaient
cependant pas assez fortes pour atteindre l'adversaire qui se tenait à une
bonne distance. Mais lorsque celui-ci déclencha la réplique, sa
supériorité fut évidente dès le début.
Tandis que les obus sifflaient au-dessus de nos têtes, je ne saurais
exprimer le frisson glacial qui parcourut mes membres. Personne ne fit la
moindre réflexion, mais nul doute que chacun ne pouvait s'empêcher de penser
pour qui serait le prochain obus. La porte de la salle d'opération étant
bloquée, il était impossible de se représenter exactement la gravité de la
situation.
Un choc violent fit frémir la coque du torpilleur qui venait d'être
touché par un obus de gros calibre, à la ligne de flottaison, dans les
machines à bâbord ; un deuxième obus éclatait à l'avant, un troisième à
l'arrière, puis une avalanche d'obus détruisait les superstructures
arrière; le projecteur à bâbord de la passerelle supérieure vola en
éclats. Nous étions en plein dans l'angle de tir de l'adversaire; tout cela
dura quelques secondes à peine, tellement la cadence était rapide.
Tout à coup le tir se dérégla; les sifflements s'éloignaient peu à peu
de notre bord, les obus faisant jaillir d'énormes gerbes d'eau de plus en
plus distantes de nous. Que se passait-il? Absolument un miracle, qui épargna
un bon nombre de victimes, hélas ! déjà de beaucoup trop élevé. Mais,
assurément, aucun d'entre -nous ne serait sorti vivant sans ce dérèglement
subit du tir, produit, à n'en pas douter, par les remous trompeurs de notre
navire.
Comme mentionné précédemment, les tôles béantes de l'avant défoncé
causaient un grand remous d'écume, alors que nous marchions à une allure
anormalement lente. Il est à penser que la vigie des bateaux adverses fut
ainsi déroutée. Nos tourelles continuèrent à cracher le feu, mais nous
nous trouvions dans une situation très grave. Plusieurs marins étaient
tombés, blessés à mort, au pied de leurs tourelles ; ceux qui restaient
étaient trop peu nombreux pour continuer le tir, et le bâtiment commençait
à enfoncer.
Toutes nos ressources furent bientôt épuisées, et les postes de combat
et de veille furent rompus ; il nous restait encore un peu de temps pour
l'évacuation des blessés les bouées furent capelées, le sauvetage des
documents secrets fut ordonné (j'en avais en partie la charge). Plusieurs
s'affairaient à rassembler quelques précieux souvenirs ; pendant ce temps,
je passai de l'avant à l'arrière du navire où se trouvait mon bureau.
Sur le passage, un spectacle effroyable m'attendait: la mort était passée
là en plusieurs endroits il me fallut enjamber un camarade dont la tête
était entièrement emmaillotée d'un pansement déjà ruisselant de sang
j'appris qu'un éclat d'obus avait fait sauter sa cervelle ; le corps remuait
encore dans ses dernières convulsions. Continuant de me diriger vers le
bureau, en pensant récupérer quelque chose d'important, il me fallut
bientôt y renoncer: tout était dans un chaos indescriptible. Les livres
étaient déchiquetés en Si petits morceaux que l'on aurait pu croire ce
travail exécuté par une famille de rongeurs.
C'est alors qu'un de mes camarades m'apprit la mort de l'officier
torpilleur. " Est-ce possible, demandai-je, et où se trouve son corps?
". A quelques pas de moi, ce camarade me le montra du doigt, sans mot
dire. J'avais compris ; je poussai un cri d'horreur et me cachai la tête
entre les mains: un spectacle insupportable, que je n'oublierai jamais, était
à mes pieds. C'était un amas de chair et de vêtements. S'agissait-il d'un
corps humain ? Oui, c'était bien celui de cet officier, Si aimé du bord pour
sa justice et sa bonté ; sa casquette galonnée se trouvait à ses pieds;
dans cette bouillie de chair humaine, je distinguai encore ses souliers mais
je préférai ne pas insister davantage ; les larmes voilaient mes yeux et je
ne pus supporter de rester plus longtemps en cet endroit. J'ai su par la suite
qu'après avoir donné l'ordre de lancement des torpilles et des grenades
sous-marines, un obus atteignit cet officier en pleine poitrine.
NAUFRAGE
De nouveau, je partis vers l'avant l'officier d'ordonnance apprenant que je
ne pouvais rien récupérer des documents, me demanda de sauver quelque chose
de mes affaires personnelles : " Mais faites vite, dit-il, car il n'y en
a plus pour longtemps ". En effet, nous penchions de plus en plus sur
bâbord arrière ; cependant, je descendis dans le poste d'équipage, ayant de
l'eau jusqu'à la ceinture ; bien que mon caisson fût entièrement inondé,
je réussis à ouvrir la porte et vis mon portefeuille qui contenait une
petite somme d'argent, mais surtout les photographies de mes parents et amis ;
je m'en saisis aussitôt.
C'est alors que sentant une oscillation plus prononcé du navire, je
regrimpai sur le pont il était temps, car ce fut pour me lancer à l'eau avec
quelques camarades se trouvant encore à bord; j'eus à peine le temps de
nager assez loin pour ne point être pris dans les remous occasionnés de
toutes parts, au fur et à mesure que le bâtiment enfonçait. Seul le
commandant était encore sur le pont, les mains crispées au bastingage, le
visage souriant, refusant de se lancer à l'eau ; pourtant, à force de lui
crier: "Commandant, à l'eau ! Commandant, à l'eau !" il lâcha
prise en même temps que notre navire chavirait, la proue pointée vers le
ciel, pour disparaître dans le profond abîme, engloutissant avec lui douze
cadavres.
Parmi eux, huit de mes camarades étaient morts brûlés vifs dans les
machines à la suite de l'éclatement d'un collecteur de vapeur. Un
témoignage saisissant fut donné par un de ceux qui réussirent à
s'échapper; ces malheureux, aveuglés par la va peur cherchèrent à tâtons
l'échelle pour remonter, mais en vain.
Je ne saurais dire quelle impression se fit en nous, lorsque nous vîmes la
mer se refermer pour toujours sur ces chers compagnons ; j'avais de la peine
à réaliser que tout ce qui venait de se dérouler en Si peu de temps était
une réalité et non point un rêve.
Comment allions-nous maintenant atteindre le rivage rocailleux? Ce fut
chose assez facile, étant soutenus par nos bouées sur une mer peu houleuse,
et la distance nous séparant du rivage n'étant pas très grande. Une
embarcation à moteur avait pu être mise à l'eau avant que le bateau
sombrât, Si bien que les blessés purent être évacués, ainsi que plusieurs
d'entre nous qui étaient exténués.
Je me souviens d'un blessé très grave; un canonnier, qui, s'étant jeté
à l'eau en hurlant de douleur, se mit à nager, on ne sait comment, n'ayant
plus qu'un bras et une jambe; un autre, un mécanicien, qui avait eu la chair
mise à vif sur tout le corps par la vapeur des machines, nageait lui aussi en
hurlant. Nous réussîmes à les hisser sur un radeau ; arrivés sur le
rivage, ils n'avaient même plus la force de gémir, car ils avaient perdu
presque tout leur sang le lendemain, ils succombaient tous deux à l'hôpital.
Il n'est pas possible d'oublier ce sombre dimanche, où la mort avait
accompli son œuvre funeste sur plusieurs et nous avait tous frôlés de Si
près. Lorsque le reste de l'équipage fut regroupé sur la côte déserte de
l'Afrique, il nous fallut errer toute la journée avant de rencontrer âme qui
vive. A plusieurs reprises, nous dûmes nous cacher dans les creux des
rochers, à cause des avions ennemis qui nous mitraillaient. Enfin, le secours
et la délivrance arrivèrent avant la nuit.
LE SAUVEUR
Cher ami lecteur qui venez de lire ce sinistre récit, permettez-moi de
vous demander d'en continuer la lecture jusqu'au bout. Car ce n'est pas
seulement pour relater un récit de guerre que j'ai été amené à écrire ce
témoignage, mais c'est surtout afin de vous parler d'un personnage qui, bien
qu'invisible, assistait cependant à cette violente rencontre. Ce personnage
qui m'a puissamment fortifié, se nomme Jésus-Christ, le Fils de Dieu.
Peut-être le connaissez-vous déjà comme votre Sauveur personnel ! Alors
ce récit ne pourra que réjouir votre cœur, confirmant les expériences que
sûrement vous avez déjà faites quant à son amour et à sa fidélité.
Sinon, mon vœu est que ce récit soit un encouragement à vous confier
dans ce Sauveur qui a aussi un plan d'amour et de grâce pour votre vie, sans
lequel il n'y aurait aucune espérance. Car la Bible, qui est la parole de
Dieu, déclare que tous, ayant transgressé la loi divine, nous sommes sous la
condamnation. C'est bien parce que nous sommes perdus que Dieu veut nous
sauver; de même que les embarcations et les bouées de sauvetage ne furent
utiles que pour les marins en danger, ainsi Jésus-Christ délivre tous
ceux qui se tournent vers lui.
Qui que vous soyez, ce message est pour vous, même Si vous êtes un
incrédule, un de ceux qui ont la religion en dégoût, vous êtes
insatisfait, blasé ou déçu de cette vie.
Voici comment j'ai été amené à la connaissance de mon Sauveur et à
l'assurance de mon salut éternel.
Né d'une famille catholique et entouré d'amis semblables, je fus élevé
dans la crainte de Dieu, mais sans en connaître l'exacte portée tout ce qui.
était religieux m'attira jusqu'à l'âge de onze ans. Après avoir fait ma
Communion selon les rites de l'Église, je partis faire mes études comme
pensionnaire dans un collège, où je subis l'influence déplorable de
plusieurs camarades ; et bien vite je me plus à vivre dans le mal.
Mes études s'en ressentirent d'année en année je fis bien de la peine à
mes parents qui espéraient toujours une amélioration. Mais lorsque l'on a
pris goût au péché, on en devient vite l'esclave ; c'est la triste
expérience que je fis. Tout ce qui, dans le domaine religieux, me paraissait
beau autrefois, devint alors un sujet de moquerie, mon cœur n'ayant plus ni
crainte, ni aucun respect pour les choses de Dieu.
C'est alors qu'à l'âge de dix-sept ans, je résolus de cesser toute
étude; ce fut une grande déception pour ma famille. Un jour, je décidai de
quitter la maison pour m'engager dans la Marine de Guerre. C'était en avril
1939. On parlait déjà, à cette époque, de bruits de guerre et de
mobilisation partielle. Je fus attiré par les voyages en mer et par cette vie
mouvementée du marin. Là, je me trouvai tout à fait dans mon élément,
pouvant agir avec plus de liberté et me laissant entraîner au mal par les
occasions plus nombreuses et dans des habitudes plus ancrées.
Il m'a fallu parvenir à la connaissance de mon Sauveur pour me décrire
sous cet aspect de révolte, car au temps de mon ignorance, je n'aurais certes
jamais pu me juger ainsi.
Mais voici qu'en 1941, par le moyen d'un autre marin, mon âme fut
éveillée à la grande question de son salut: Quelle folie, me disais-je
tout d'abord Comme si mon
âme avait besoin d'être sauvée! D'ailleurs, avais-je une âme, et qui
pourrait s'en occuper mieux que moi-même?"
Ce premier entretien me laissa indifférent ; puis, après plusieurs
brèves rencontres, mon cœur commença à s'endurcir, au point de contester
ouvertement l'existence de Dieu. Vous pensez comme cela me gênait,
m'outrageait même : Avais-je besoin d'un ami fidèle, plein d'amour et de
miséricorde pour diriger ma vie? "Oh, je t'en supplie, disais-je à ce
camarade pourtant Si aimable, n'insiste point, c'est inutile ". C'est ce
qu'il fit d'ailleurs, mais en me remettant un petit livre intitulé "
Nouveau Testament". "Ce ne sera plus moi qui te parlerai, dit-il en
me quittant, ce sera Dieu lui-même par le moyen de Sa Parole que je suis
heureux de t'offrir. "
J'acceptai ce petit livre, mais seulement comme souvenir, pas plus. Je
l'enfouis bien précieusement au fond de mon sac de marin, sans savoir qu'il
révolutionnerait ma vie, six mois plus tard. Pendant ce temps, je fus mis en
contact, par ce camarade, avec des amis chrétiens habitant Oran, en Algérie.
Ils me témoignèrent une grande affection au cours des deux semaines de
congé que je vins passer auprès d'eux. Cela me toucha beaucoup, d'autant
plus que j'étais loin de ma famille que je n'avais pu revoir depuis le début
de la guerre.
A la fin de ce séjour, mon âme était vraiment troublée. L'Esprit de
Dieu qui remplissait manifestement cette maison m'amena à une réelle
conviction de péché ; et lorsque le serviteur de Dieu me demanda Si je ne
voulais pas changer de vie et donner mon cœur au Sauveur, je tombai à genoux
et je pleurai comme un enfant. Après qu'il eut prié, je ne pus, à mon tour,
que balbutier quelques paroles de repentance, mais le Seigneur avait entendu
et, dès ce jour, il entra dans ma vie et toutes choses devinrent nouvelles.
QUEL REPOS !
Ainsi, dans son amour infini Dieu me chercha et Il offrit sa grâce
insondable au coupable condamné que j'étais. Saisissant par la foi que
Jésus-Christ avait pardonné tous mes péchés en versant son sang sur le
Calvaire, je fus rempli de joie et de paix. Oh ! La paix que Dieu donne n'est
pas un vain mot ; et même au sein de la tempête, au milieu du déluge de fer
et de feu, quel repos de confier sa vie à Celui qui nous aime et qui nous
sauve parfaitement !
Au cours du tragique combat relaté dans les pages précédentes, tandis
que mon être tout entier tremblait sous les bombes, mon cœur et mes pensées
étaient cependant tournés vers mon Sauveur, que je sentais très près de
moi. C'est Lui qui m'a soutenu et gardé dans cette sombre impasse, où, à
vues humaines, il n'y avait que la mort comme issue, Mais, pour moi, ce fut la
Vie, car Jésus le Ressuscité était là. Je repassai dans mon cœur les
promesses que j'avais apprises dans la Bible. L'une d'entre elles, en
particulier, me fortifia et s'accomplit ce jour-là, à la lettre : "Que
mille tombent à ton côté, et dix mille à ta droite, tu ne seras pas
atteint". (Psaume 91.7).
J'ai pu faire la différence entre ce jour béni et une autre expérience
au début de la guerre où, pour la première fois, l'horreur de la mort et la
peur de l'éternité m'avaient bouleversé. C'était vers la fin d'un bel
après-midi, sur une mer d'huile, à bord d'un aviso escortant un convoi,
lorsque l'alerte au sous-marin nous fut donnée par trois torpilles qui, par
miracle, purent être évitées de justesse.
Nous fonçâmes alors droit vers le lieu présumé du sous-marin, afin d'y
lâcher un chapelet de grenades. Après une attente d'un quart d'heure
environ, le submersible fit surface. Immédiatement, nous mîmes le cap sur
lui afin de le couler à l'abordage. Le choc fut très violent. L'étrave du
navire pénétra Si fortement la coque du sous-marin que celui-ci sombra corps
et biens.
Notre aviso, gravement endommagé, menaçait de suivre le même chemin. Au
prix d'énormes sacrifices, et après avoir lancé à la mer tout ce qui
pouvait l'être, même une grande partie du mazout, nous pûmes le maintenir
à flot et naviguer toute la nuit pour atteindre le port le plus proche. Mais
pendant ces longues heures, quelle angoisse à la pensée que d'un instant à
l'autre nous pourrions être engloutis
QU'EN EST-IL DE VOUS ?
Ces lignes seront peut-être pour vous un avertissement solennel. Dieu nous
parle au travers des épreuves. Il n'oublie pas de nous mettre ainsi en garde,
car après la mort vient le jugement et chacun rendra compte pour lui-même
devant le Dieu Saint et Juste ; Nul doute que ce jour sera terrible pour ceux
qui n'auront pas été réconciliés avec Dieu. C'est encore le jour du salut;
Demain il peut être trop tard. Le Sauveur frappe aujourd'hui à la porte de
votre cœur. Répondez à son appel.
Ne vous laissez pas asservir davantage par le monde qui vous a Si souvent
trompé, mais venez sans tarder à Jésus qui a vaincu la puissance du
péché, et de la mort. L'Écriture nous dit: "Le salaire du péché
c'est la mort, mais le don gratuit de Dieu, c'est la vie éternelle en Jésus-Christ
notre Seigneur".
Pour ceux qui ont fait la paix avec Dieu, la mort ne sera qu'un transfert
dans l'éternité bienheureuse avec Jésus, là où il n'y aura plus ni
guerre, ni deuil, ni souffrance. Nous verrons enfin notre Sauveur face à
face, et rien ne pourra plus nous séparer de Lui. Nous l'adorerons et le
servirons éternellement. Est-ce là votre espérance? De plus, savez-vous que
le Seigneur revient bientôt selon sa promesse? Après sa première venue,
dans la souffrance et la plus grande humiliation, Jésus va revenir pour
enlever son Église de ce monde mauvais et incrédule et Il l'introduira dans
sa gloire. Êtes-vous prêt le rencontrer maintenant ?
J'ajouterai encore quelques lignes pour ceux qui regardent à leur salut
sous le couvert d'une religion. C'est avec beaucoup de respect, mais aussi
animé d'une profonde conviction que je dois vous dire que la religion ne
sauve pas. Le diable veut vous contenter d'une religion avec beaucoup
d'apparences et de sentiments. Toutes les religions humaines vantent les
mérites de l'homme et l'incitent à se justifier par la pratique de bonnes
œuvres~ Mais aucune de ces religions ne peut purifier le cœur de ses racines
de péché, et vous laisse dans l'illusion et dans une fausse sécurité.
Seule la Bible nous révèle la voie du salut par grâce. Si vous ne
possédez pas encore la Parole de Dieu, procurez-vous-la ; c'est par ce moyen
que la lumière est entrée dans mon cœur qui peut désormais se réjouir
dans l'assurance de son salut par la foi en Christ mon Sauveur, mort pour mes
péchés et ressuscité pour ma justification.
Dans l'Évangile de Jean, Jésus déclare : "Je suis le chemin, la
vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par Moi. " Jean 14.6.
Jésus affirme également en Jean 5.24 "En vérité, en vérité, je vous
le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m'a envoyé, a
la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort
à la vie". Ces garanties ne sont-elles pas suffisantes pour vous
aussi ?
Pour ceux qui possèdent déjà la Bible, ne laissez pas ce livre dans un
endroit obscur, mais mettez-le en évidence afin d'en faire votre lecture
journalière. Demandez à Dieu que cette parole devienne une véritable
nourriture pour votre âme. Sondez les Écritures, car ce sont elles qui nous
révèlent la vie véritable ; cette vie commence dès ici-bas, dans la mesure
où nous acceptons le dépouillement des biens éphémères de ce monde pour
nous affectionner aux choses d'en haut, là où Christ est assis à la droite
de Dieu. Le Seigneur deviendra alors le centre de votre vie, et vous donnera
la Victoire en tous temps et sur toutes choses. Gloire à Dieu pour un Si
merveilleux Sauveur ! N’est-il pas digne de notre amour ?
" Jésus monta vers eux dans la barque et le vent cessa. " (Marc
6.51)
Près de quarante années se sont écoulées depuis le tragique naufrage
relaté dans ces pages. Mais Si le temps, ainsi que le monde avec tout ce
qu'il renferme, passent rapidement, la joie et la paix que l'auteur a
expérimentées dans cette circonstance, continuent de demeurer dans son cœur.
Son seul désir est de partager avec vous de telles richesses qui valent plus
que beaucoup d'or.
Pasteur Pierre DESPAGNE,
87, Rue Maréchal Leclerc F
- 58200 - COSNE-sur-Loire

Le torpilleur du récit
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